Du 1er au 8 novembre 2025 se tenait la 5e édition du Marathon des Sables (MDS) Jordanie, une course hors du temps au cœur du désert du Wadi Rum.
Cette édition, je l’ai suivie de près. Une manière de me projeter dans l’aventure qui m’attend l’année prochaine et de m'imprégner de son atmosphère.
JOUR 1 - LES CONTRÔLES
L'aventure débute à l’hôtel Crown Plaza où les participants sont accueillis par l'organisation afin de procéder à la vérification du matériel obligatoire, des rations énergétiques, de l'aptitude médicale, etc., puis à la remise du dossard et de la balise GPS. Autant de moments qui font monter la tension et l’excitation à mesure que la première étape approche.
Mais avant de s’élancer, une expérience sensorielle unique attend les coureurs : la baignade dans la mer Morte. L’eau y est si salée qu’elle vous porte sans effort, offrant un moment suspendu, presque irréel : flotter sur le point le plus bas du globe, à – 434 mètres sous le niveau de la mer, face au soleil couchant…
JOUR 2 - LE DÉPART TANT ATTENDU
Réveillés à 4h, les participants prennent la direction du Wadi Rum, le désert de sable rouge aux reliefs sculptés par le vent.
Après les derniers ajustements (mise en place des guêtres, réglage du sac à dos, etc.), le départ de la première étape est donné. Au programme, un parcours de 27,4 km pour 1026 m de dénivelé positif, sous 32 °C.
L’excitation du départ se mêle à l'appréhension : le sable, la chaleur, le poids du sac, etc. Il est impératif d'économiser chaque pas, de s'alimenter de façon continue et de gérer son hydratation, qui rappelons le, est limitée (1,5 litres entre chaque points de passage et 5 litres après chaque étape).
Rapidement, le décor et l'émerveillement s’imposent : les djebels (montagnes) et les canyons majestueux, la silhouette de dromadaires sauvages, etc. À travers les images et vidéos de l'organisation, on voyage par procuration. Sans compter la bienveillance, les sourires et l’énergie collective des bénévoles rencontrés tout au long du parcours qui permettent de passer la fatigue au second plan.
Puis vient le franchissement de la ligne d’arrivée et la découverte du bivouac. Ici, chacun dispose de sa propre tente, une organisation différente du MDS « Legendary ». Une part de moi regrette cette individualité. Néanmoins, la disposition du camp en plusieurs îlots et l'atmosphère du désert laissent présager de beaux moments de partage autour du feu et la création de liens forts.
JOUR 3 - L'ÉTAPE À LA CARTE
C’est l’une des particularités du MDS Jordanie : les coureurs peuvent choisir leur distance en cours de route, à savoir 20, 40 ou 60 km. Une liberté grisante, mais exigeante. Certains partent déjà fixés sur leur objectif, d’autres hésitent jusqu’au dernier moment. L’ego fini souvent par avoir le dernier mot. Il pousse à aller plus loin, à repousser ses limites, quitte à le regretter plus tard.
Au fil des kilomètres, la chaleur et le sable testent la volonté de chacun. Les visages se ferment, les pas ralentissent. Pour ceux engagés sur le 60 km, la difficulté de cette seconde étape n'est plus seulement physique, elle devient une véritable lutte contre soi-même.
Tandis que la plupart des coureurs du 20 et 40 km sont déjà arrivés, les plus téméraires courent désormais dans l'obscurité totale du désert. On y distingue les lampes frontales qui tracent des lignes blanches sur le sable noir.
À 1h15 du matin, après 18h15 d’effort, les ultimes participants franchissent l'arche d'arrivée sous la ferveur et les applaudissements des bénévoles. Une leçon de courage, d’humilité et de résilience résumant parfaitement les valeurs portées par le MDS.
JOUR 4 - LA JOURNÉE DE REPOS
Après deux étapes intenses, du répit est accordé aux participants.
Les premiers lueurs du jour, un petit-déjeuner face au lever du soleil, une lessive minimaliste improvisée, une séance de yoga et d'étirements collective, la découverte des traditions bédouines, la contemplation du décors depuis les djebels, etc.
Cette journée constitue un hymne à la simplicité, une parenthèse hors du temps.
JOUR 5 - LA DERNIÈRE ÉTAPE
Le bivouac s’agite avant l’aube. Les tentes se replient, les sacs se bouclent et les corps s’étirent avant de se lancer pour 26 km et 685 m de dénivelé positif.
Le départ est lancé à 4h avec comme principale difficulté, une dune, un mur de sable de 200 mètre à gravir qui s'annonce rude mais promettant une vue saisissante sur le Wadi Rum à son sommet. La descente, elle, se fait comme on peut, prudemment pour certains, en courant pour d’autres.
Puis, enfin, la ligne d’arrivée, la médaille, les larmes et la découverte de Petra, une cité antique classée parmi les sept merveilles du monde. Un final à la hauteur de l’aventure...
JOUR 6 - LA SOIRÉE DE GALA
Après l'effort, le réconfort avec la cérémonie de clôture célébrant les exploits de tous : un bracelet « MDS Jordan » pour chaque finisher et les trophées individuels.
Mais au-delà du classement, ce sont les sourires, les accolades et la fierté partagée qui marquent cette journée. Une conclusion symbolisant l'accomplissement personnel et l'aventure humaine sans précédent.
LA 5ÈME ÉDITION EN CHIFFRES
Le MDS Jordanie c'est :
548 partants, dont 55 % de femmes
20 nationalités représentées (dont 50 % de Français)
42 ans, l'âge moyen des participants
5,5 km/h, la vitesse moyenne des finishers
0 abandon
114 km et 2259 m D+ pour le format complet
Quant aux performances sur le format "120 km", elles parlent d'elles-mêmes :
le premier homme (Jordanien) boucle l’épreuve en 11h26min59s
le premier Français (2e au général) en 11h52min42s
et la première femme (4e au général) en 14h03min11s
POUR CONCLURE
Suivre cette édition, écouter les témoignages, contempler les images, m’a profondément marqué. Difficile de réaliser que dans un an, ce sera à mon tour. Entre excitation et humilité, une seule certitude : j’ai hâte de vivre cette aventure pleinement, intensément, humainement, et de vous la partager à cœur ouvert.
Article écrit par Adrien
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