Une leçon d'humilité et un vrai test !


Direction les combes bourguignonnes pour une répétition générale en conditions Marathon des Sables (MDS). Sauf que la réalité n'a pas tout à fait suivi le plan initial…

Récit en Côte-d'Or

Test en conditions réelles

Sentier Félix Batier

Depuis mon arrivée à Dijon, je côtoie régulièrement le sentier Félix Batier et j’en emprunte certaines portions au gré de mes entraînements. Jusqu’à récemment, je ne savais pas vraiment ce qu’il représentait dans son intégralité. Pourtant, une idée me trottait dans la tête : et si je le parcourais entièrement ?

Cet itinéraire, de 55 km au départ du centre-ville de Dijon et d'environ 2 000 m de dénivelé positif, traverse plusieurs combes de la Côte-d’Or avant de rejoindre Nuits-Saint-Georges. Sur le papier, le sentier apparaît donc comme un beau défi sportif, mais également comme une préparation idéale avant la Jordanie. Et pour cause, deux objectifs bien précis.

Premièrement : me rassurer sur la distance

Le deuxième jour du MDS représentera une étape d’environ 60 km. Boucler le sentier Félix Batier, avec un sac chargé sur le dos, devait être une manière de me prouver, mentalement, que j’en étais capable. Cette petite répétition grandeur nature devait alors me permettre d'aborder cette longue étape jordanienne avec davantage de sérénité.

Deuxièmement : tester mon matériel en conditions réelles

Maintenant que je dispose de l'ensemble de l'équipement, il me fallait :

  • porter l’intégralité du matériel prévu pour le MDS et ainsi m’habituer à cette charge inhabituelle,

  • appréhender les réglages et les nombreux compartiments du sac,

  • mais aussi réfléchir à la meilleure organisation possible des éléments au sein du sac. Qu’est-ce qui doit rester facilement accessible ? Où placer le matériel le plus lourd ? Comment limiter les frottements ?

Tout était réuni pour en faire une excellente séance de préparation. Sauf qu’en pratique, je dois l’admettre, j’ai été beaucoup trop ambitieux…

Telle une tortue

Tenue enfilée, alimentation conditionnée pour chaque étape dans des sacs conservateurs individuels, réflexion soignée sur la répartition des éléments dans les compartiments du sac, … Tout a été préparé la veille avec soin.

Constat, le sac pèse 6,8 kg auxquels s’ajoutaient près de 3 litres d’eau. Je pars donc littéralement avec ma maison sur les épaules.

C'est là que l'erreur d’appréciation ou l’excès de confiance apparaît. Vouloir parcourir le sentier Félix Batier lesté de près de 10 kg, en espérant maintenir un rythme de course, sans être habitué à ce port de charge, c'était tout bonnement impossible... Et c'est ce que le corps m’a rapidement fait comprendre.

Une évidence

8h du matin sur le parvis de la Cité de la Gastronomie, me voilà parti sur ce fameux sentier.   Les premiers kilomètres se passent plutôt bien. Rapidement, je parviens à trouver un rythme de croisière, en alternant course et marche. Mais progressivement, le poids du sac se fait sentir… La cause principale : les réglages du sac. Ce dernier tend à descendre, reportant le poids vers l'arrière plutôt que sur les hanches. Sa position crée alors des tensions dans les épaules et des frottements dans le bas du dos.

La gêne étant persistante mais supportable, je continue ma marche jusqu'au 15e kilomètre, croisant des VTTistes et des coureurs engagés sur une course d'orientation. Et c'est là que tous mes plans s’effondrent.

La bascule

Félix Batier était un ancien alpiniste, une information que j'ai découverte sur le terrain, face à la première descente qui s’est présentée devant moi. Elle apparaît extrêmement raide, rocailleuse et glissante. La technicité à l’état pure. Mon appréhension habituelle (un sujet déjà abordé dans mes précédentes newsletters) couplée à la lourdeur du sac, auront eu raison de moi. Continuer dans ces conditions aurait représenté un réel risque, à quatre semaines du MDS. La décision de rebrousser chemin s'est alors imposée d'elle-même.

« J’ai tenté de vaincre cette appréhension et descendu plusieurs dizaines de mètres. Mais face à l’inclinaison impressionnante de la pente, mon instinct me faisait comprendre qu’il ne fallait pas poursuivre. Et j'estime avoir fait le bon choix. Je prendrai ma revanche sur ce parcours mais dans d'autres circonstances ! »

La suite de la randonnée aura malgré tout été très agréable avec une belle météo et la découverte de nouveaux endroits. Un itinéraire de substitution apprécié pour ce qu'il était.

Finalement, 30 km auront été parcourus, constituant ainsi une répétition représentative de la première étape qui m'attendra au MDS.

30 km

parcourus

9,6 kg

d'équipements

5h20

de marche

L’apprentissage

Bien que la randonnée n'ait pas correspondu à ce que j'avais imaginé, elle aura répondu à des questions importantes, tout en faisant surgir de nouvelles.

Le premier constat est que j’avais considérablement sous-estimé la difficulté du MDS. Avant cet entraînement, je me voyais capable de jouer éventuellement le haut du tableau. Cependant, le poids du sac et la complexité de courir avec, qui plus est sur du bitume et non dans du sable, ont totalement rebattu les cartes. Les prochaines semaines devront être davantage axées sur l'accoutumance au port de cette charge et ce de façon progressive pour espérer intégrer des portions de course sur les 3 étapes du MDS.

La question de l’utilisation des bâtons de marche se pose également. J'avais initialement renoncé à les emporter afin d’alléger le paquetage. Mais la réalité de cette randonnée m'a fait revoir ma position, car ils permettent d'imposer un certain rythme de marche tout en répartissant l'effort sur l'ensemble du corps. Les prochaines sorties me permettront d'avoir un avis définitif.

Quoiqu'il en soit, une chose est sûre. Cette journée, même imparfaite, était nécessaire, car mieux vaut découvrir ses limites en Bourgogne et s’entrainer en conséquence, plutôt qu'au premier kilomètre dans le Wadi Rum...

Article écrit par Adrien

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