Une course en duo presque parfaite !


Du 11 au 14 septembre se tenait l’Infernal Trail des Vosges, un événement majeur du calendrier trail qui, du fait de ses nombreux formats de course (allant du minitrail au 200 km), attire chaque année plusieurs milliers de coureurs à Saint-Nabord.

Pour ma part, j’ai pris le départ du 100 km en relais duo. Un défi qui n'aurait pas existé sans Babou, un ancien de mes surveillants de lycée devenu partenaire de course et ami. C’est lui qui m’a proposé de former une équipe, que nous appellerons par la suite « Force & Hublon ». Difficile pour moi de refuser ce genre d’expérience, surtout quand il est question de partage.

ENTRE EXCITATION ET APPRÉHENSIONS

Ce relais est pour le moins atypique puisque le départ est donné le vendredi soir à 23h59. Avec mon expérience sur les longues distances et mon envie de découvrir la course à pied de nuit, nous avons convenu que je prendrais le premier relais (54 km et 2 500 m de D+), tandis que Babou aura la charge de conclure (48,5 km et 2 300 m de D+), avec pour objectif de boucler le parcours entre 12h et 14h.

Bien qu'excité à l'idée de prendre part à cette nouvelle aventure, le déroulé de mes deux derniers trail a fait naître quelques appréhensions :

  • l'heure tardive du départ : comment gérer la fatigue ?

  • comment anticiper les portions glissantes et techniques avec si peu de visibilité ?

  • serais-je épargné par ma tendinite du fascia lata ?

Pour arriver dans les meilleures conditions, les dernières semaines ont consisté à :

  • faire du renforcement spécifique chez le kiné,

  • augmenter progressivement le volume d'entraînement,

  • alterner course à pied et vélo, et,

  • tester le genou droit sur des sorties plus longues avec du dénivelé.

Quant aux trois derniers jours avant le départ, la préparation a quelque peu évolué pour s'attarder davantage sur le repos et l'alimentation en procédant notamment à la recharge glucidique, ce qui consiste à augmenter la part de féculents et à réduire les fibres.

L'AVANT COURSE

Après un vendredi après-midi rythmé par les retrouvailles avec Babou, la découverte du village de l'Infernal Trail, le retrait du dossard et une pasta party conviviale, nous sommes rentrés à notre Airbnb pour procéder aux derniers réglages et dormir un peu.

23h15, nous revoilà au village afin de s'imprégner de l'atmosphère festive, passer le contrôle du matériel obligatoire et me placer dans le sas de départ.

Le compte à rebours s'égrène. À 0h05, le départ est donné sous un feu d’artifice. L’Infernal Trail des Vosges est lancé !

1ER RELAIS : DE LA FRUSTRATION, UNE FRAYEUR MAIS BEAUCOUP DE PLAISIRS

Ayant tiré des leçons de mes derniers trails, j’ai volontairement choisi de partir prudemment… peut-être trop. Coincé à l’arrière du peloton, l'allure des autres coureurs et les sentiers empruntés m'empêchent d'être à mon rythme. Résultat, après 40 minutes de course, seulement 4 km ont été parcourus. Frustré, j'attends la moindre ouverture en ligne droite ou en descente pour doubler et retrouver une cadence qui me convient davantage. Je parviens alors à gagner des places et à m’intercaler avec des personnes du même niveau que moi. Contre toute attente, l’obscurité semble me libérer et développer en moi une grande confiance.

Après 2h21 de course, j'atteins le premier point de passage en 16e position sur les 69 équipes en lice. L'arrivée au ravitaillement est l'occasion de refaire le plein d'eau et d'énergie (Coca, TUC, etc.), et de discuter avec les bénévoles. Toutefois, je ne peux pas m'attarder en raison du vent qui se lève. La transpiration couplée à la température extérieure ne me permettent pas de rester inactif très longtemps, m'obligeant alors à repartir au plus vite.

Peu après les 3h, ma lampe frontale faiblit. Je décide de changer la batterie au plus vite, non sans mal, afin de ne pas me faire surprendre dans une descente. Je constate, à ma plus grande surprise, qu’il faut trois piles pour procéder au changement, or j’en avais que quatre de rechange sur moi, ce qui signifie que l'autonomie doit tenir jusqu'au second relais ou bien jusqu'au levé du jour. Ainsi, l’intensité lumineuse doit être adaptée à chaque situation pour optimiser l'autonomie :

  • luminosité minimale dans les montées et lorsque je suis entouré d’autres coureurs,

  • luminosité maximale dans les descentes.

Malgré ces aléas, les sensations sont bonnes. Le genou tient, la fatigue est absente (sûrement l’adrénaline), et je suis à l’écoute de mon corps. Je marche dans les montées et utilise les bâtons pour m'économiser, puis je relance sur les sections roulantes pour continuer à grappiller des places. La suite se passe donc sans réelle difficulté, avec le sourire et avec quelques petits plaisirs, notamment au 2nd ravitaillement en mangeant un croque-monsieur tout juste préparé par les bénévoles. Un bonheur absolu !

Au 3e point de passage (5h20), notre équipe se tient en 9e position.

Puis, la nuit laisse peu à peu place à la lumière du jour. La lampe aura donc tenu le coup ! Un véritable soulagement.

Sur mes derniers kilomètres, je croise les courageux du 200 km, à bout de forces mais impressionnants de détermination. Chapeau mesdames, chapeau messieurs.

Après 7h01 de course, j'atteins le 4e ravitaillement et passe le relais à Babou venant tout juste d'arrivée. La synchro est parfaite ! Après quelques mots échangés, Babou s'élance à son tour. Nous sommes alors en 8e position.

2E RELAIS : UN RÉSULTAT AU-DELÀ DE NOS ESPÉRANCES

Le départ est lancé pour Babou ! Malgré l'envie débordante, le terrain humide et l'absence d'autre coureur rend le démarrage compliqué. De mon côté, je constate que dans la précipitation, Babou a oublié une partie du matériel obligatoire. Pour éviter une pénalité potentielle, je file au ravitaillement suivant pour lui remettre l’équipement manquant.

Après cela, je n'en ai aucune idée. La fatigue m’emporte, m'empêchant alors de le suivre sur la suite du parcours et de le rejoindre sur la fin pour franchir la lignée d'arrivée ensemble... Une petite déception très vite balayée par la performance de l'équipe et le résultat final puisque nous terminons 6e en 13h12, ce qui bien au-delà de nos espérances !

Quelle immense satisfaction : une course gérée, un genou qui n’a pas flanché, du plaisir retrouvé et des moments de partage authentiques.

LE TÉMOIGNAGE DE BABOU

« Un super week-end vosgien mêlant plaisir et passion.
Tout s’est bien déroulé, sans trop de préparation ni de stratégie (si ce n’est de ne pas partir trop vite sur les 20 premiers km). Nous avons réussi à gérer notre alimentation, notre hydratation et on est carrément rentré dans les temps que l’on s’était fixé.
Aussi, partager un relais avec un coéquipier du même niveau, c’est super agréable. Pas de pression pour l’un ni pour l’autre.
On a donné le meilleur de nous-même pour finir à une magnifique 6e place !
Et le plus important : nous garderons à jamais des souvenirs de ce week-end ! »

L'HEURE DU BILAN

Babou a parfaitement décrit le sentiment global qui se dégage de cette aventure : un bel équilibre entre performance et humain.

Sportivement, le résultat est là : une bonne gestion de la course, une belle remontée au classement, aucune blessure et une 6ᵉ place décrochée.

Humainement, c’est le plaisir partagé avec Babou, l'ambiance du village, la convivialité des ravitaillements / bénévoles, la rencontre avec d'autres coureurs et ces petites galères.

Contrairement à mes dernières expériences, j’ai pris un vrai plaisir du début à la fin, sans douleur au genou, en retrouvant la dimension positive de la course : partage, dépassement de soi et souvenirs. Ce week-end vosgien restera gravé. Une aventure à rééditer, avec les mêmes ingrédients.

Article écrit par Adrien avec la contribution de Babou

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