Retour sur un week-end solidaire, humain et sportif dans le Morvan.
Week-end du 22 mai
Avallon, Morvan
Marche solidaire
Samedi 7h, centre-ville d'Avallon. Balise récupérée, photo souvenir, musique funky, ... Le départ est donné dans une belle ferveur. Autour de moi, une trentaine d'équipes de huit marcheurs s'apprêtent à s'élancer sur 135 kilomètres à travers le Morvan pour une cause belle et simple : réunir des fonds pour les Restos du Cœur, le Secours Populaire et la Croix-Rouge. Au bout du week-end, c'est plus de 20 000 euros qui auront été récoltés.
Le Grand Huit, c'est deux grandes boucles découpées en étapes d'environ dix kilomètres, rayonnant depuis la ville d'Avallon. La première emmène vers le sud, en passant notamment par Verzenay. La seconde file vers l'ouest, via Quarré-les-Tombes.
Pour être finisher, deux règles : maintenir au minimum trois marcheurs en permanence sur le parcours, et boucler l'ensemble en 35 heures maximum. Pour le reste, courir ou marcher, durée des arrêts aux ravitaillements, organisation des relais, chaque équipe est libre de sa stratégie.

Une atmosphère à part
Ce qui surprend d'emblée, c'est l'ambiance. Contrairement aux événements de course à pied classiques, la majorité des équipes ne regardait pas leur montre. On est là pour l'expérience, pour l'aventure partagée. Chaque participant est accessible, ouvert, curieux. L'atmosphère est bienveillante, conviviale, joviale. On se parle comme si on se connaissait depuis longtemps.
Le Grand Huit, c'est avant tout une multitude d'aventures en une :
▪️une aventure exploratoire, avec la découverte d'une région vallonnée et surprenante que je ne connaissais pas,
▪️une aventure humaine, ponctuée de rencontres, d'échanges et d'apprentissages,
▪️et une aventure sportive et introspective, car ici la seule compétition est contre soi-même.
« Le Grand Huit, c'est également un véritable grand huit — pas uniquement dans la forme du parcours, mais aussi dans les sensations qu'il procure et les émotions qu'il transmet. »
Les montées et les descentes — et pas seulement celles du parcours
Avec les heures qui passent, la fatigue s'installe. La chaleur de l'après-midi devient insoutenable. Les côtes raides se rappellent à chaque mollet.
Dans ces conditions, il n'est pas rare de passer en un instant de l'excitation au questionnement, de l'envie au doute, de l'aisance à la souffrance... Alors, il faut savoir prendre le temps, ralentir le rythme, gérer l'effort, encourager, continuer à s'alimenter et à s'hydrater quand l'envie n'est plus là, et puiser dans ses ressources mentales pour aller au bout de l'étape et au bout de soi.
Être confronté à ces moments, c'est précisément une des raisons qui m'ont poussé à m'aligner sur cet événement : avoir une première vraie répétition de l'épreuve physique et mentale qui m'attend au Marathon des Sables.
Ce que je venais chercher
À travers ce dossard, j'espérais m'émerveiller devant les paysages d'une région que je ne connaissais pas, faire de belles rencontres, et créer des moments mémorables.
Résultat : j'ai trouvé tout ce que je cherchais.
Les chiffres
135 km
PARCOURS TOTAL
29 h
TEMPS TOTAL
90 km
DISTANCE PERSO RÉALISÉE
Sur les 35 heures autorisées, notre équipe aura mis 29 heures pour franchir la ligne d'arrivée, en optant pour des relais toutes les deux étapes, soit environ toutes les 20 à 25 km. Une belle performance collective où chacun a eu son rôle à jouer, aussi bien sur le parcours qu'en dehors, notamment au travers de l'organisation, de la logistique et des encouragements.
De mon côté, j'ai réalisé deux grosses portions :
▪️une première de 50 km depuis Avallon jusqu'à Montillot,
▪️puis une seconde de 40 km depuis Marigny-l'Église jusqu'à l'arrivée à Avallon. 90 km au total, 19 heures de marche.
Durant ces 19 heures, j'ai :
▪️observé les décors,
▪️créé du lien avec mes coéquipiers en discutant de tout et de rien (vie de famille, projets, voyages, loisirs, dermatologie, bricolage, etc.),
▪️sympatisé avec certains supporters,
▪️échangé avec les bénévoles,
▪️mangé continuellement (j'ai sûrement consommé plus de calories que j'en ai dépensé),
▪️eu l'impression d'avoir les pieds en feu,
▪️pris de splendides coups de soleil, réduisant à néant toute possibilité d'un bronzage uniforme,
▪️et surtout, pris un grand plaisir.
« Alors si l'occasion se représente l'année prochaine, Les Pas Pressés, vous pouvez compter sur moi. »
Merci aux organisateurs et à mes coéquipiers, sans qui l'aventure aurait eu une toute autre saveur.

Article écrit par Adrien
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