Retour sur une journée et une nuit pas comme les autres au stade des Frères Lavaux.
Récit
24h pour l'épilepsie
Châlons-en-Champagne
Le week-end du 13 et 14 juin se tenaient les 24h pour l'épilepsie au stade des Frères Lavaux, à Châlons-en-Champagne.
Le principe est simple sur le papier : assurer une présence perpétuelle sur la piste et cumuler le plus de tours possible en 24 heures, pour récolter des fonds au profit de l'association Épilepsie France. Sur le terrain, l'organisation s'est révélée bien plus complexe…
Pour cette première édition, Romain et sa compagne Anaïs ont dû composer avec plusieurs difficultés, notamment dans la programmation des animations sur place. Mais cela n'a en rien entamé le déroulé de l'événement, ni l'engouement et la mobilisation dont ils ont été témoins, largement au-delà de leurs espérances.
Pourquoi un tel succès ?
Plusieurs ingrédients expliquent cette réussite :
▪️Une cause qui parle et ne laisse personne indifférent : l'épilepsie touche environ 700 000 Français.
▪️La puissance du sport. Il rassemble des personnes de tout niveau et de tout horizon. Il crée de belles rencontres et des moments de partage.
▪️Une accessibilité totale. N’importe qui pouvait venir, à toute heure, s'inscrire gratuitement et réaliser quelques tours en marchant, en courant, ou en roulant (fauteuil ou poussette).
▪️Une météo clémente au regard des fortes vagues de chaleur de la fin du mois de juin.
▪️L'ambiance et la bienveillance, transmises d'abord par les organisateurs et les bénévoles, puis par tous ceux qui se sont prêtés au jeu ou sont venus encourager sur le bord de la piste.
Pour une première édition, la qualité de l'organisation mérite d'être saluée : très peu de couacs, un espace dédié à l'information sur l'épilepsie et les handicaps rares avec les ERHR, des produits estampillés Épilepsie France, une buvette et des animations sur le bord de la piste (zumba et groupe de percussions).
Et de mon côté ?
Plusieurs raisons m'ont poussé à y participer :
▪️La cause. Le handicap est un sujet qui me touche profondément, comme en témoignent mes différentes actions.
▪️L'opportunité de tester une partie du matériel envisagé pour le Marathon des Sables, en particulier la tenue et l'alimentation.
▪️L’envie de me tester physiquement et mentalement sur un effort long et extrêmement répétitif, pour continuer cet apprentissage de soi, notamment dans la gestion de l'effort, et gagner en confiance avant les prochaines épreuves.
▪️L'envie de concourir au challenge de la plus longue distance parcourue, et d'établir un score de référence à battre pour les éventuelles prochaines éditions.
Pour tenir sur la durée, ma stratégie était simple : courir 6 km toutes les heures puis m’accorder 15 à 20 minutes de repos avant de repartir. Un plan quelque peu chamboulé dès les premières heures par les rencontres sur place et la proposition de courir à l'aveugle, faite à tout volontaire. Une perturbation qui s'est révélée être ma plus grande satisfaction de la première journée, des moments brefs, mais intenses et marquants.
« Étonnamment, ces 24h ne m'ont pas paru longues. Accompagné presque chaque heure par des proches ou d'autres participants, j'ai pu faire abstraction de la monotonie de la piste, de la fatigue et des douleurs. »
Côté douleurs justement, mes muscles ont globalement été épargnés. L'absence de dénivelé, l'intensité maîtrisée, la gestion de l'effort, l'alimentation et l'hydratation rigoureuses, m'ont permis de me préserver. Les pieds et les articulations, en revanche, ont davantage souffert. Les impacts répétés sur le sol ont rendu les derniers tours nettement plus compliqués. Au final, l'objectif a été rempli : 142 km parcourus, et officiellement 346 tours réalisés.
🏃♂️ 142 km
DISTANCE RÉALISÉE
🔁 346
TOURS BOUCLÉS
🕐 24 h
SANS INTERRUPTION
🔥 10 000
CALORIES DÉPENSÉES
Ce qui restera, au-delà du chrono
Au-delà de la cause soutenue ou de la dimension sportive, les 24h pour l'épilepsie sont surtout un formidable générateur de moments marquants. Et il y en a eu beaucoup, de mon côté :
▪️Réaliser mes premiers tours avec Sabrina et des enfants de l'IME (Institut Médico Éducatif)
▪️Réitérer l'expérience de la course à l'aveugle avec Jules, avant de la partager avec des enfants du COCAA (club d'athlétisme), Romain (l'un des organisateurs) et des bénévoles
▪️Rencontrer et partager 9 km avec un coureur pour l’aider à atteindre l’objectif qu’il s’était fixé : courir un marathon
▪️Être soutenu par Babou, mon partenaire lors de l'Infernal Trail des Vosges, sur une bonne partie de la soirée
▪️Être ravitaillé par une personne rencontrée la veille au lever du jour
▪️Découvrir humainement Romain et comprendre l’histoire de sa fille, atteinte d’épilepsie
▪️Avoir un moment de calme et suspendu avec ma tante après une nuit blanche
▪️Ou encore, partager quelques tours avec mes deux parents et mon petit cousin de moins de 3 ans
C'est ça, les 24h de l'épilepsie. Plus de 400 participants, 7 777 tours réalisés collectivement, 4 500 € récoltés, des rencontres, des souvenirs, et beaucoup de dépassement de soi. Et pour toutes ces raisons, je ne peux que vous inviter à tenter l'expérience l'année prochaine !
Article écrit par Adrien
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